Quand certains réduisent encore la profession infirmière à une succession de gestes techniques, les chiffres racontent une toute autre histoire.

Au 31 décembre 2025, plus de 50 000 infirmières libérales ont participé à des actions de Développement Professionnel Continu (DPC) financées par l’Agence nationale du DPC. Cela représente 79 616 inscriptions à des actions de formation, d’évaluation des pratiques ou de programmes intégrés.

Ces données publiées par l’Agence nationale du DPC permettent de mieux comprendre les préoccupations réelles de la profession infirmière et les domaines dans lesquels les soignants choisissent d’investir leur temps pour développer leurs compétences.

Premier constat : les infirmières se forment massivement.

L’offre disponible est particulièrement importante avec plus de 3 000 actions publiées sur le triennal, proposées par près de 470 organismes de DPC actifs dans le champ infirmier.

Deuxième constat : les thèmes les plus suivis correspondent aux grands enjeux de santé publique.

Parmi les orientations prioritaires les plus choisies figurent le risque cardiovasculaire, le bon usage des médicaments, la vaccination, les soins palliatifs, la nutrition, la prévention des cancers, les addictions, la douleur, les maladies neurodégénératives et la perte d’autonomie.

Autrement dit, les infirmières investissent massivement les domaines où se jouent aujourd’hui les principaux défis sanitaires de notre pays.

Ces résultats confirment une réalité souvent oubliée : la profession infirmière n’est pas seulement présente au moment du soin. Elle est aussi un acteur majeur de prévention, d’éducation à la santé, d’accompagnement des maladies chroniques et de maintien de l’autonomie.

Troisième constat : les orientations définies par le CNP des infirmiers rencontrent un véritable intérêt de terrain.

Les formations les plus suivies concernent les plaies et cicatrisation, l’évaluation des besoins du patient, les pathologies cardiaques, les perfusions ou encore les soins post-opératoires.

On y retrouve les compétences cliniques qui constituent le cœur de l’expertise infirmière et qui prennent aujourd’hui une importance croissante avec le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et le développement des prises en charge ambulatoires.

Enfin, un chiffre mérite une attention particulière. Près de 113 000 infirmières ont créé leur Document de Traçabilité du DPC, et 87 % l’ont déjà alimenté. Ce résultat est loin d’être anodin.

À l’heure où la certification périodique entre progressivement dans le quotidien des soignants, il montre que la profession infirmière s’est déjà largement engagée dans une démarche de suivi et de valorisation de ses compétences.

La certification périodique ne doit pas être perçue comme une contrainte administrative supplémentaire. Elle constitue au contraire une opportunité de rendre visible ce que les infirmières font depuis longtemps : se former, actualiser leurs connaissances, analyser leurs pratiques, améliorer la qualité et la sécurité des soins.

Les chiffres du DPC 2025 montrent une profession qui continue d’apprendre, d’évoluer et de s’adapter aux besoins de santé de la population.

Dans un contexte marqué par les tensions démographiques, les difficultés d’accès aux soins et l’augmentation des besoins liés aux maladies chroniques, cet engagement constitue une richesse collective.

Parce qu’investir dans les compétences infirmières, c’est investir dans la qualité, la sécurité et l’accessibilité de notre système de santé.

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