Finalité globale
Renforcer la qualité, la cohérence et la visibilité des actions de santé dédiées aux personnes âgées en tout lieu de vie et de soins, en formulant des avis technique et scientifique concourant aux évolutions d’organisation de l’offre d’aide et de soins prévenant les ruptures de parcours, intégrant notamment des compétences infirmières cliniques, organisationnelles, managériales, d’enseignement et de recherche s’y rapportant.
Contexte
Le grand âge est un enjeu central de santé publique. Les données démographiques populationnelles mettent en exergue une augmentation significative du nombre de personnes avancées en âge. Les actions de prévention pour vieillir en bonne santé font l’objet de recommandations diverses dont les mises en œuvre au sein des territoires reste hétérogène, en termes de diffusion, d’appropriation par les acteurs, de moyens organisationnels, humains, financiers, logistiques ainsi que d’impacts liés au renforcement des exigences administratives et réglementaires. Ce vieillissement de la population s’accompagne d’une augmentation des situations de fragilité, de dépendance, associées ou pas à des comorbidités aigues et chroniques comme à des facteurs de vulnérabilité aujourd’hui bien identifiés.
Des données probantes internationales et nationales sont disponibles pour appréhender les bonnes pratiques et concepts de soins. Des mesures gouvernementales, régionales voire départementales co-existent. Des plans nationaux dédiés à des thématiques de santé publique pouvant concernés pour partie ou totalité les personnes âgées co-existent. Des plans nationaux dédiés à des thématiques de santé publique pouvant concernés pour partie ou totalité les personnes âgées en santé et présentant des pathologies spécifiques co-existent. Des dispositifs de dépistage et de prévention sont déployés de manière hétérogènes. De nombreuses actions sont actuellement en cours, testées ou déployées sur le territoire, mais sans coordination formalisée ni visibilité d’ensemble (pour exemple hétérogénéité des formulaires d’évaluation utilisés pour l’identification et la reconnaissance du niveau de dépendance et de droit à l’APA).
Malgré l’abondance de données probantes, de dispositifs et de plans, le système demeure fragmenté, peu lisible pour les personnes âgées et leurs aidants, et insuffisamment coordonné au niveau territorial. Cette fragmentation contribue à des retards d’évaluation, à des ruptures de suivi, à une sur-sollicitation des urgences et à une perte de chance évitable, en particulier pour les personnes âgées fragiles ou polypathologiques.
Si le rôle pivot des aidants est reconnu aujourd’hui et objet de mesures dédiées, les situations du quotidien démontrent la nécessité d’approfondir les potentiels d’actions associées à promouvoir.
Les compétences des différents métiers de l’aide et des soins font partie des éléments à circonscrire pour en appréhender leurs complémentarités comme leurs interactions en pratique tout au long des trajectoires de vie et de soins des personnes âgées et de leurs aidants. Dans le cadre de l’évolution des métiers, notamment de la profession infirmière, l’hétérogénéité des profils des professionnels infirmiers exerçant en libéral, en secteurs du médico-social ou en secteurs sanitaires est un fait avéré qui questionne. Les retours d’expériences expriment une perte de sens liée à un manque de moyens humains, matériels et organisationnels, alors même que les expertises à l’œuvre sont essentielles à la continuité et à la qualité des prises en soins de nos ainés
La diversité des modes d’exercice infirmiers constitue un levier majeur de continuité des parcours de vie et de soins des personnes âgées. Encore insuffisamment reconnue et structurée, cette diversité permet pourtant dans les faits d’assurer un suivi longitudinal, une évaluation clinique fine et une coordination de proximité, en particulier auprès des personnes âgées vivant à domicile ou en établissements médico-sociaux. L’expertise infirmière, par sa présence continue, sa capacité d’évaluation et son rôle relationnel, constitue un levier majeur pour répondre au défi démographique, éthique et organisationnel du vieillissement.
Cette thématique “Santé et Grand Âge” s’articule avec plusieurs autres GT du CNPI déjà engagés autour de thématiques connexes et contributives, notamment GT CNPI Raisonnement clinique, GT CNPI Prévention, GT CNPI Vaccinations, GT CNPI Consultation infirmière, GT CNPI Evolution métiers, formation, coordination des parcours, GT CNPI Ethique, GT CNPI Soins palliatifs, GT CNPI Responsabilités infirmières pour ne citer que ces derniers. Dans le cadre de ses travaux concernant l’évolution des missions ainsi que des domaines d’activités et de compétences infirmières, le CNPI a volontairement formalisé un focus dédié aux personnes âgées au sein de son livre blanc . Fort de ces constats et travaux, il a été estimé nécessaire de remettre en perspective l’ensemble des initiatives, d’identifier les synergies entre groupes de travail existants et de valoriser les contributions des différents secteurs d’activités dont du médico-social et des acteurs de prévention primaire.
Objectifs généraux
o Structurer une feuille de route partagée autour des trajectoires de santé des personnes âgées, intégrant la dimension médico-sociale et la valorisation des compétences professionnelles.
o Assurer une veille documentaire ciblée pour référencer les préconisations du CNPI dans les avis techniques et scientifiques qu’il rend.
o Donner de la lisibilité et de la cohérence aux actions en cours sur le champ du grand âge.
o Contribuer aux politiques publiques du grand âge en formulant des propositions opérationnelles visant la soutenabilité du système, la qualité des soins et la reconnaissance du temps infirmier comme ressource clinique.
o Renforcer la prévention à travers sa déclinaison dans les quatre niveaux : primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire tout au long des trajectoires de vie aidant à vieillir en santé.
o Accompagner l’évolution des métiers, dont celui d’Infirmier(ère) Coordonnateur(trice) IDEC, en appui du Décret n° 2025-897 du 4 septembre 2025 (cf. fiche projet dédiée) et celui de l’IDE en soins généraux en appui de la Loi IDE du 27 juin 2025 et du décret d’exercice du 24 décembre 2025.
o Prévenir les risques psychosociaux (RPS) en outillant les professionnels.

