Alors que la profession infirmière connaît une transformation réglementaire et organisationnelle majeure, le Conseil National Professionnel Infirmier (CNPI) a tenu son premier conseil d’administration de l’année 2026 en visioconférence le 16 mars. Cette séance a marqué à la fois un moment de bilan pour l’année écoulée et un temps de projection stratégique pour les années à venir.

À travers le rapport moral et d’activités 2025, le bilan financier de l’exercice écoulé et la présentation des perspectives 2026, les administrateurs ont dressé un état des lieux lucide : la profession infirmière se trouve aujourd’hui au cœur des transformations du système de santé, mais ces évolutions exigent une structuration professionnelle et scientifique toujours plus solide.

Une année 2025 marquée par une forte mobilisation institutionnelle

Le rapport d’activités présenté par la présidence sortante a rappelé l’intensité du travail institutionnel conduit par le CNPI au cours de l’année 2025. L’organisation regroupe aujourd’hui 21 structures membres, auxquelles s’ajoutent deux membres de droit (ONI et CNU 92), confirmant son rôle de représentation pluraliste de la profession infirmière dans toute sa diversité : exercice libéral, hospitalier, universitaire, spécialités et champ académique.

Cette représentativité s’est traduite par une activité soutenue auprès des institutions publiques. Les sollicitations des tutelles ont été toutes honorées, témoignant d’une présence constante du CNPI dans les débats professionnels et sanitaires.

Une activité scientifique et professionnelle structurée par des séminaires thématiques

L’année 2025 a également été marquée par une série de séminaires et de rencontres de travail destinés à consolider les positions professionnelles.

Parmi les thématiques abordées :
 la certification périodique des infirmiers,
 les enjeux de prévention en santé,
 le développement de la consultation infirmière,
 les responsabilités professionnelles,
 ou encore les questions de leadership et d’organisation professionnelle.

Plusieurs séminaires ont réuni les présidents des organisations membres, afin d’élaborer des positions communes et de consolider les avis produits par le CNPI. Des visioconférences thématiques ont également permis d’aborder des sujets spécifiques : retours d’expérience sur les politiques de prévention, actualités ordinales, initiatives internationales ou encore programme ICOPE de l’Organisation mondiale de la santé consacré à la prévention de la perte d’autonomie.

Ces travaux témoignent d’une volonté affirmée : structurer la réflexion stratégique de la profession infirmière autour des grands enjeux de santé publique.

La réforme de la profession infirmière au cœur des priorités

L’année 2025 a été particulièrement marquée par les travaux liés à la réforme réglementaire de la profession infirmière. Plusieurs chantiers majeurs ont mobilisé le CNPI :
 les décrets relatifs aux activités et compétences infirmières,
 les travaux autour de la consultation infirmière,
 les réflexions sur les arrêtés d’application de la loi infirmière,
 et les contributions aux textes concernant les pratiques professionnelles.

Ces sujets ont logiquement concentré une grande partie de l’activité du conseil, au point d’entraîner une priorisation des travaux.

Certification périodique : un chantier structurant pour la profession

Parmi les dossiers structurants, la certification périodique des soignants occupe une place centrale dans les travaux du CNPI. Cette réforme, prévue par la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, vise à garantir le maintien et l’actualisation des compétences tout au long de la carrière.

Le CNPI joue un rôle majeur dans la construction du référentiel infirmier de certification. Les travaux portent notamment sur :
 la mise en cohérence avec le développement professionnel continu,
 l’intégration des dimensions scientifiques et cliniques,
 la prise en compte de la relation soignant-soigné comme compétence centrale,
 et l’articulation avec les évolutions réglementaires récentes.

Pour la profession infirmière, ce dispositif représente une opportunité de structurer davantage la reconnaissance des compétences et des expertises professionnelles.

Des contraintes financières qui pèsent sur les activités

Le bilan financier présenté lors du conseil d’administration rappelle toutefois une réalité : le fonctionnement des structures professionnelles repose encore largement sur des financements limités.

D’une part le ministère confie de plus en plus de missions aux CNP, sans lui donner les moyens nécessaires. C’est particulièrement le cas pour la profession infirmière, qui compte 640.000 membres. D’autre part, les retards dans le versement des subventions ont ainsi eu des conséquences directes sur l’organisation des activités. Plusieurs séminaires initialement prévus en présentiel ont dû être transformés en réunions à distance, et un séminaire consacré au grand âge a été annulé faute de financement.

Ces contraintes rappellent un enjeu souvent sous-estimé : la structuration scientifique et professionnelle de la profession infirmière nécessite des moyens adaptés.

2026 : consolider l’expertise infirmière dans les politiques de santé

Les perspectives présentées pour l’année 2026 traduisent une ambition claire : renforcer le rôle du CNPI dans l’élaboration des politiques de santé.

Quatre axes majeurs se dessinent :
 1. Poursuivre l’accompagnement de la réforme de la profession infirmière, en particulier la mise en œuvre des nouveaux textes réglementaires.
 2. Structurer les travaux scientifiques et professionnels, notamment autour de la prévention, de la consultation infirmière et de l’évolution des compétences.
 3. Consolider la certification périodique, qui deviendra progressivement un élément central du parcours professionnel des soignants.
 4. Travailler sur les ratios de patients par infirmière, en relation avec l’ONI et la HAS

Ces priorités s’inscrivent dans un contexte où la profession infirmière occupe une place de plus en plus stratégique dans l’organisation du système de santé.

Une profession au cœur des transformations du système de santé

Ce premier conseil d’administration de l’année 2026 illustre une réalité : la profession infirmière est aujourd’hui engagée dans une phase de transformation profonde. Entre réforme réglementaire, évolution des compétences, développement des sciences infirmières et nouvelles attentes en matière de prévention et de coordination des soins, les enjeux sont nombreux.

Dans ce contexte, le rôle des structures professionnelles comme le CNPI apparaît déterminant. Elles contribuent à structurer l’expertise collective de la profession infirmière et à porter sa voix dans les politiques publiques de santé.

Car derrière ces travaux institutionnels se joue un objectif essentiel : améliorer la qualité des soins et renforcer la capacité du système de santé à répondre aux besoins de la population.

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